avec Michel Briau

l’écorcheur de cravates pouvait se défendre d’aimer les brunes

il les photographiait suspendues à la généalogie de la modernité
l’accroche douteuse parmi les ruines de l’avenir …

il aurait pu craindre l’effondrement de sa construction à la faim du jour
ainsi attelée aux poutrelles rouillées du soir …

mais il continuait à cheminer sur la quête vertiGineuse de son fil funambule
tendu à l’invisible entre les restes herbeux …

il avançait dans les coursives des apprenties
la fenêtre ouverte sur le chant des suppliantes …

quelle que fût la taille de leurs seins
il palpait les couleurs
dans la menace de l’orage couchée sur la nécropole …

il aurait désiré resserrer davantage
son centrage sur le filet de noir crochetant la croupe
si la troupe des vents violents n’avait repoussé la grille du cachot au-devant de la chevelure nue …
l’ouverture sur le ciel n’eût pas suffi de toute façon
pour étancher la soif de ses regards …

il préféra tracer le cadre de ses pas tus à même la marelle des visages
contourner le paysage
et le prendre à revers de la centrifugeuse des évidences …

il se perdit un peu dans le labyrinthe des couloirs trop étroits, des impasses poubelles …
feignit de ne pas écouter les implorations aux profondeurs cylindriques des Danaïdes
de ne pas voir les tentatives d’évasion soumises à la peur …

il y avait toujours une ascension possible vers d’autres regards
une contorsion à inventer
pour éviter la saturation des pigments …

au recommencement de la traversée
déjà l’espace était plus familier …

il devenait ce jour où l’on arrêtait tout
pour observer une cantate
écouter la fresque d’un instant …

 

20 mai 2014, torze

© Betty Gini Peauésie

Pour la séance photo avec Michel Briau
A la caserne Niel, à bordeaux

http://bettyginipoetry.over-blog.com/michel-briau-photo-caserne-niel.html

 

 

il aurait pu dénoncer
le lever du jour
dans les têtes
 
après dissipation
des brumes estivales
 
il observait dans l’ombre
les blondeurs du clair-obscur
irradier aux quatre soins
de quoi ?
 
il aurait voulu
chevaucher la pudeur
sans bride
 
l’intelligence culéiforme
se palpait
 
aux fragrances animales
de l’air du soir
 
 
 
 
2 avril 2014, torze
 
 
 

 

 

 

vous pouvez trouver toutes les photos de Michel Briau avec moi

ici sur mon blog "en images" 

http://bettyginipoetry.over-blog.com/

 

 

 

Écrire un nouveau commentaire: (Cliquez ici)

123siteweb.fr
Caractères restants : 160
OK Envoi...
Voir tous les commentaires

Commentaires

09.03 | 22:54

cool Gérard... merci pour ton passage

...
09.03 | 07:58

J'ai passé un bon moment des mots scions

...
05.03 | 21:15

oh merci ! Dome...

...
05.03 | 19:43

Bravo Betty pour tes créations ! :)

...
Vous aimez cette page