les mots - IV

photo by Michel Briau prise au cours de ma monstration " corps emballés"

les mots ce soir se sont dissous
à la commissure des yeux

d’abord ils circulaient ensemble
parmi les gens en guirlande
autour d’un carré de pierres rondes

ils accompagnaient le corps
le fil aux mains tenu
une quête en harmonie
entre tout ça
et les images aux murs de corps voilés
et les cœurs en chamade
retenus aux cliquetis
peut-être hallucinés
des appareils à saisir l’illusion
d’un instant de vérité…

il y avait tout cela
entre tous ceux-là réunis…
et les mots soudains émus
ayant cédé 
à la confusion des sens en présence
se sont englués à mes propres mains
pétris aux vides encollés
trop liquides
trop salés
en projection sur les oreilles aveugles
les doutes 
en pétrification du souffle…

les nœuds sont pareils aux fantômes
- se dit-elle…
ils persistent
insistent
reviennent sans cesse
et la tourmente nous hante…

adios ! concentration
et toutes les transactions
de moi vers l’autre
avec les tons de ma voix

bye bye !
les six trouilles communicantes
déchargées à la façon d’une élégante
sur les passants si près…

aile se croyait prête
à perfuser le grand voyage
dans les amours sanguines
injectées de lumière
un instant
à l’écho des mots
dans les regards…

mais non !

ce soir
les mots se sont dissous
au rebond des lèvres encorps écorchées d’hier
au corps encollé de mots tus trop longtemps
et qui soudain se noient
dans les pages à ciel ouvertes
déposées par terre
dans un carré de cailloux ronds
enfilées sur des horizons
d’images voilées…

là où l’on croît à déposer
les fragments de soi
entre les guirlandes de mains
on croit se perdre aussi
un instant… ou plusieurs
à décocher des flèches tordues
vers des directions floues…

à la fin
quand on reprend ses vers
dans les talons convenus de la contenance
et que la crudité de l’ordinaire
fait table arrosée d’amis debout
on reste pourtant nourri 
de sa nudité

- trois pommes à genoux

  

 

4/5 avril 2015, zinze

 

les mots aiment ce moment
où les derniers invités résistant à partir
s’en vont finalement…

il leur en faudra passer
ils le savent
par l’étape du lessivage
qui débarrasse au moins de la grosse caillasse…

un bon dégrossissage oui
à la hache pour pierre brute
pendant que les vaches broutent
- ha ah
où les trains ne passent plus
que les dimanches et demi…

c’est ainsi !
les nuits étrangères à soi
conduisent les écrituriens
dans les coulisses de la folie ordinaire…

les mots que l’on croyait désagrégés
parmi les miettes de pain
que l’on hésite à jeter
ou à croquer

que l’on pensait collés
dans les fonds de verres décrassés
ou
échappés par les petits trous de l’évier

ils se mettent à cogner l’urgence
en sourdine assise en souriant

et quand les derniers invités
résistant à partir
s’en vont finalement
ils se réjouissent d’impatience

 

 

11/12 avril 2015, zinze

 

 

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Commentaires

09.03 | 22:54

cool Gérard... merci pour ton passage

...
09.03 | 07:58

J'ai passé un bon moment des mots scions

...
05.03 | 21:15

oh merci ! Dome...

...
05.03 | 19:43

Bravo Betty pour tes créations ! :)

...
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