les mots - III

les mots se retrouvent quelquefois
pétrifiés par les événements

les vagues de grand froid
ont mitraillé leur ârme
figée
dans la transparence d’un pain de glace…

ils voudraient prendre les armes
s’opposer en premières places
où les rangées d’attaques
se dressent…

ils voudraient exclamer
dans les champs de liberté
où le droit d’exister se presse
à l’abolition des religions,

le désir aussi
du corps en ses formes
et difformités
exprimant ce qu’eux-mêmes
ne peuvent pas nommer…

ils se dévorent
à l’intérieur des lettres
… les mots
où quelques pleins encore
contiennent à leur douleur
la rage silencieuse…

ils se fendent la gueule
à grands coups de ta gueule
où la peine à la mort
s’enfile

et se questionnent encore
sur leur infime
ou ridicule portée


10 janvier 2015, zinze

les maux pour le temps d’une bulle
s’évanouissent quelquefois…

à la densité de la texture en suspension
autour des notes qui dessinent l’air

ils éclatent en infimes particules
que les mots même ne peuvent atteindre

oui
il se peut que cette étrangeté
paraisse au détour d’un soir
allongée sur le tapis
caressant l’élégance pure de l’indicible


18 janvier 2015, zinze
©bettygini peauésie

on parle toujours des langues qui se délient
mais ça
c’est une introduction sensuelle
de la bouche et des lèvres
nichée au lit de l’amour
ou brûlant le jeu des corps
à l’ombre d’une porte cochère…

on gagnerait plutôt à dire
que les mots se lient entre eux
s’organisent en un sens ou dans l’autre
afin qu’ainsi ligués en leur brassage
ils s’aventurent au-dehors du corps
et s’offrent à de nouveaux encrages
sur la lignée sonore de la diffusion…

ensuite
à leur retenue concertée
ils tendent l’oreille vers le champ des échos
ils veillent en sourdine
ils écoutent un peu plus
et se répondent
en correspondances
- croissances où les sens entrecroisés
unissent en tissages serrés
des genres de phrases entre elles

 

19 janvier 2015, zinze
©betty gini peauésie

les mots-cœurs agités
sur la devanture ironique de l’amour naïf
on les a vus de loin
flamber leurs belles phrases au bout des avancées portuaires
dans les vents marins
on connaît les odeurs de leurs parures
lustrées chaque matin
avant l’examen des lettres
au Q des ponts qui égarent du nord
avec leurs voies perçant l’intime


30 janvier 2015, zinze
©betty gini peauésie

les mots aiment parfois dire n’importe quoi
glisser leurs doigts
entre les rayures de la chevelure
se vautrer un peu sur la table
le coude râpeux de n’être pas soigné
ils détestent au fond la restriction
le trop d’attention que la liberté voudrait bien leur recracher à la gueule
on leur a bien appris le maintien
et tous ces machins de savoir-vivre-bien
- entregent de l’avoir…
mais non…
ça ne leur convient pas
ils en voudraient un autre - un mot
un qui soit plus discret
et leur ferait des rêves doux la nuit…
ils voudraient qu’à leurs folies
on ne les enfermât point dans les cases inertes du savoir…
et se mouvoir encorps
sur le fil élastique


22 février 2015, zinze
© betty gini peauésie

hoquetant
par derrière le nombril
sublimant les horreurs peauétiques
commencer à dire des mots
terribles dans sa tête

 

6 mars 2015, zinze

 

photo by jean-pierre Rey

parfois
les mots ont des crampes de terre cuite au soleil du désert
ils écoutent la mémoire se taire

l’encre est bue sitôt le passage de la caravane des lettres
sur la brûlure des craquelures

ils s’effacent avant de n’être pas ici plus qu’ailleurs
un tracé jamais visible en son tout
mu à la façon des étoiles qui ne se montrent qu’au moment
où elles achèvent leur course

quelques résidus de poussière en trainée de lumière
suspendent parfois l’illusion d’une trace
inscrite au sable du temps

- si l’on parvient à se courber le dos sous le microscope de la persévérance
il est possible d’en recueillir quelques fragments
denses et fragiles
que l’on peut déposer dans un flacon de vers
le temps de l’été
du printemps
de l’hiver
avant le prochain automne

 


28 mars 2015, zinze
© betty gini peauésie

parfois
les mots sont en manque de mer
ils s’égouttent en points titillés
juste avant le jour qui se lève
la fièvre citadine en faim lassée
par les traces de ses passages
démultipliés sur les trottoirs de la nuit

ils n’écoutent plus
depuis au moins la fin des temps
les chants de la mère deveNus stériles
- au risque de l’atrophie
ils préfèrent encore
le goût des pâquerettes en vagues champêtres
se risquant au large océanique
et sa mortsure ensoleillée

 

2/3avril 2015, zinze
© betty gini peauésie

 

 

parfois
dans les sillons creusés de l’inconscience
les mots dressent des barricades

 

 

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Commentaires

09.03 | 22:54

cool Gérard... merci pour ton passage

...
09.03 | 07:58

J'ai passé un bon moment des mots scions

...
05.03 | 21:15

oh merci ! Dome...

...
05.03 | 19:43

Bravo Betty pour tes créations ! :)

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