La tue tête

L'à tue tête

 

Je m'éclate l'à tue tête

Il n'y plus d'eau qui pétille

pour mes papilles

assoiffées de sans

frontières

 

Je m'abluvionne

à toutes les ouvertures

torrentielles

au secret de ma cinglitude

 

Ça dégorge à mort

les boules de mots

agglutinées au fil des peurs

tues

 

Je les gerbe de fleurs

cramoisies aux soleils noirs

et poisseux d'eau d'amère

-tume

 

Ça gicle partout

 

Ça danse le sabbat

des sorcières et des elfes

en gueulant

dans les téléphones

en bois

 

Et je les joins toujours

liées par les cheveux

des ors donnés

 

les chemins débornés

 

 

   

                          14 avril 20dou(X)ze




dessin : Alex Guilmart

Fumier

 

 

Elle recommence à beugler

les existencielles

 

 

Y'a des vagabondages

circonstanciels

sur les nappes marécageuses

bagages

de l'oubli

 

les jourdinaires

au tonneau

des danaïdes

intrépides

 

sont-ils

sont-elles

sont ailes mon elle ?...

 

déracinée enfin

des rats calcinés

- peuplade aux profondeurs

où je suis née

- résie

 

 

   

                               14 avril 20dou(X)ze



 

Sans mots

   

Quand l'événement survient

les mots se taisent.

 

Ils se tapissent dans l'ombre

retenue

à la nappe frénétique de vie

qui recouvre les jours.

 

Ils se roulent pêle-mêle

s'entassent, s'emmêlent,

s'embrassent

et attendent leur tour.

 

Ils fument pour patienter

s'enflamment parfois

s'alarment en alerte

brûlent

s'embrument.

 

Ils se calfeutrent

derrière les meurtrières

de la mémoire

 

guettent

la liberté du champ

la nuit venue.

 

Ils s'élaguent entre eux

la langue rassemblée

à leur essence nue

 

-  beauté.

 

 

10 avril 20[dou(X)ze]




photo : Christian Ugolini

Les bestioles

 


Les bestioles à gangraine

qui s'en vont qui reviennent

dans ma bedaine

 

je les laisse

 

remuer mon ménage

de l'intérieur

trop sage

 

l'ordre inférieur

de mes peurs

- jean

dard

gendarmées

 

je les caresse

 

au nid du bide

-  surtout

tout pas

surtout pas vide

 

mon hybride nargueur

 

- tes projections perceuses

spermatospermiques

et zoïdales

de bébétacaroteuses

bobines

 

 

 

14  avril 20[dou(X)ze]

                                 

 

 


Ice cold blood



Elle se couchera nue

sous un manteau de fourrure

fausse et douce

 

et trois perles de sang

sous le sein

L'expectaCtive

   

Je compile

 

J'attends un peu

que ça s'imprègne

au sang qui bat la vie

 

que ça expulse

des boules de flous

déjà compilés

compressés avec les doutes

les incertitudes

les déroutes violacées

les champs dispersés

 

de l'agonie

de l'atrophie

 

et toute la clique

des folies

les sacs à nœuds flottants

en atmosphère

 

ma sphère

 

 

                                   11 avril 20[dou(X)ze]



                                                     

Là si do mi nant

L'épuisement

où mène la lutte

 

en folie contre

l'homme de soie

soi

de soi

 

toi

qui te stries la peau

sans peauésie

à l'appel du grand vide

 

tu comprends le là

si do mi nant

la sourdine

en menace de mort la

musique imminente

 

tu sais le là

si do mi nant

l'urgence du combat

 

l'épuisement

de vivre en corps

en filaments

 

faufilés

entre les requins

de la folie

 

- et tu crois toi

que je ris ? …

 

24 avril 20[dou(X)ze]





L'oeuf

 

Elle s'est levée rapidement

avant qu'il ne s'éveille vraiment.

Habituellement c'était plutôt le contraire.

 

Elle savait pourquoi c'était important

ce matin

de ne pas traîner au lit

pour l'instant.

 

Elle se rendit à la salle de bains

ouvrit l'emballage

avec agacement

 

et pissa sur le truc.

 

Ça disait oui

évidemment.

 

Elle pleura immédiatement

ouvrit le même placard

s'agaça sur un outre emballage

en tira un rasoir

s'empara d'une paire de ciseaux

et de l'ensemble de sa chevelure

dans une seule main

tendue.

 

Elle regagna le lit

le crâne nu

comme ouvert

à l'impossible.

 



                   30 avril  20[dou(X)ze]




Image par Pierre Denaës

L'arbra(ban)don


J'ai couché mon arbre à rêves

devant la cheminée

qu'il n'ait pas froid

qu'il se nourrisse

à la danse des flammes

 

je lui ai déposé

une coupe d'eau fraîche

tout près

 

qu'il ne se dessèche pas

au temps

 

il tremblait

de toutes ses feuilles

frêles

mon frêne

 

que je l'abandonne

comme ça

sûre

attentionnée

douce peut-être



2 mai 20[dou(X)ze]



 

La bête


Voilà je repars

écouter les soupirs

des orangeraies

trop mûres

 

le sang coulé

de la morsure

 

l'étouffamant

de mon tourment

 

voilà je retourne

à mon être seule

 

je laisse mes enfants

à mes bouts de papier

déchirés

 

à leur liberté

la mienne

 

à mes coulures

de peauésie

 

à mes longues nuits

bues

thé

noire

 

 

 

6 juin 20[dou(X)ze]




photo : Bg

Dislocation

Dislocation

éparpillement de moi-sissure

 

sur le carreau

 

de marbre

 

sans cœur

 

devenir

encorps plus petite

rien à l'être

 

mon fanthomme vagabond

ton fantôme moribond

l'air rance en oppression

dans l'illusion

de l'errance libre

 

rachitique

le nombril en oclusion

dans les replis flétris

de la peau creuse

 

disparaître


  12 juin 2012 [dou(X )ze]



 

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jean-luc | Réponse 19.01.2013 12.38

à chaque pas
ma peau exulte de mots
et le chemin m'implique à sang pour sang...
ici, point de visite
mais le cri reçu qui frissonne en cadeau
est bien plus...

betty 04.03.2013 02.10

tes mots en présence ... jean-luc ... me font toujours du chaud ... dans le coeur en partage ... merci ...

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Commentaires

09.03 | 22:54

cool Gérard... merci pour ton passage

...
09.03 | 07:58

J'ai passé un bon moment des mots scions

...
05.03 | 21:15

oh merci ! Dome...

...
05.03 | 19:43

Bravo Betty pour tes créations ! :)

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