correspondance-2

mon amour (22)

mon amour

le quotidien - ici… le mien
qui fut le nôtre
avant l’appel têtu - venimeux
à l’arrière du front - le vôtre
je vous l’avais dit indécent
- étendu à vos pieds
défonçant la boue

mieux valait qu’il soit tu - à vous
avant que la beauté - loin de vous
ne vous soulève le cœur

c’est je crois une foi sans tenailles
- la beauté

je vous l’avais dit
- à moi peut-être - puisque je suis
vous - nous
une seule raison d’être…

et puis les pétales caressent le matin - l’aube
un trésor caché pour la plupart

sur la lumière perçant le rouge toilé
- ce vieux rideau affleurant le tapis
c’est le temps du quotidien
le mien - le nôtre
qui permet encore la vie possible
- le cœur m’en dit de vous en parler
moi immobile - à l’instant dans le lit
vous à votre guerre sans fond
et ni la peauésie
ni l’enfer ni l’amour
ni les coups de canon
ne sauraient prendre pouvoir
sur celui de l’instant…
l’instant
après celui du matin rouge dans les rideaux
c’est celui des éclairs tournoyant
depuis longtemps
c’est celui du petit chat
que vous ne connaissez pas
c’est celui de ma sueur
transperçant tous les tissus
jusqu’à ma peau
ma peau
vous n’en savez plus la saveur
- cette peur qui vous fascine
de s’étreindre de vous
je sais qu’un soir viendra
où elle - ravivée ailleurs
et vous - toujours pas là…

mon amour
qu’adviendra-t-il alors ?
de vous - de moi


                            21/23 juin 2016, baise
                                             

 

 

 

 

mon amour (23)

mon amour

qui saurait dire ? - mon amour
ce qu’il adviendra de nos - souffrances animales
après cette guerre triomphant
sur les petites cruautés - justes et inutiles
de la vie

jusqu’au bout
l’idée fixe - être dans vos bras
vaguement sauvage - autiste un peu
est mon ivresse dangereuse
sans limite
- une supplication du bonheur d’aimer

rejetons s’il vous plaît - je rejette
la mise en scène laconique et désespérée
que l’on tapisse autour de soi
- avec ou sans réserve
pour jouer la rupture - cruelle et nécessaire
d’une liaison malheureuse

obscurément
je m’affole toujours à la gravité charmante - vos mains
pressant mon corps contre
la paroi froide et dure - de nos limites
votre visage enfoui dans l’épaule de notre escapade
sans bagages

bien sûr vous dire
délivré de votre valise d’agacement de soi
puiser - le regard étonné
l’obstination des mots vivants - une exécution de l’abstinence
déchirant l’impasse des voix mortes…
ce serait vous voir dans la loge brute
la gorge déployée
face à l’amour autrement
- autant se taire me diriez-vous…

même si - m’aime si
vous me haïssiez - vos sentiments troubles
votre jalousie - appuyée à mon dos
vous exaltent trop - ils vous rassurent
- tel un chancelant accueil du dérapage matinal
où l’on avance ébloui peut-être
sans se retourner


                                24/25 juin 2016, baise
                                                

 

 

 

 

 

mon amour (24)

mon amour

je ne vous ai jamais parlé
de l’envie subite - cruelle et suave
de mourir
- un moment où la fugacité de la lumière du soir
en envoie plein la gueule

même si le vent est froid
il a raison de s’éprendre de toi
les animaux alors
sont près de soi - une évidence
un triomphe modeste de son lien-nature

nous avons un petit chat
- vous l’ai-je dit ? - non bien sûr
dans notre amély jolie
il se nomme luigi
et là - il joue avec l’ombre
de ma main - ma plume
griffant le papier

m’être éprise de vous
- un jour sans contrefaçon
c’est une erreur des convenances
qui m’a toujours paru
étrangement honnête

il s’ensuit la sécheresse de la solitude
pénétré pourtant d’un songe unique et précieux
réitéré dans le miroir déformant d’un vrai bonheur
et d’une fausse histoire d’amour*

savez-vous mon amour ?
dans votre guerre stupide - votre histoire silencieuse
être - un animal résigné
dévisagé par la catastrophe de son impuissance
livré au plaisir misérable
de son masque noble et tragique…

dans ces temporalités dévorées d’absurde
je ne partage plus d’affection pour vous
- ni pour personne
il n’y a plus que les arbres - hésitant à me désarmer
qui restent soucieux de distraire
ma passion blême et mouillée

l’été vient - sans chaleur ni grandiloquence
avec ses fêtes résistantes
- une berge de tendresse

je ferai de l’eau - mon logis
digne et obtus dans les sursauts de ma relâche
- hors de nos luttes
si j’avançais - glacée
partenaire fantomatique de vos dépaysements
vous me dénonceriez du pied
- détresse pétrifiante et furieuse
votre possession de ma finesse
- un égard où le silence rase les paupières – mon effusion pétrie

en fait mon amour
vous me semblez condamné à serrer notre arrêt définitif
- un jour… dans les bras de nos cernes
mes phrases terribles - plaisir féroce d’une femme excédée
tromperont votre lâcheté

et l’énigme ingénue et pâle
qui court inaccessible dans les couloirs de vos souterrains
ne sera plus - bientôt
que la persuasion ininterrompue
d’un monde absurde cédé à votre contenance
contre l’obsession vaniteuse
d’un amour encombrant


                               26 /27 juin 2016, baise
                                              

 

 

 

 

 

mon amour (25)

mon amour

revenir en vain à la pénombre du soulagement
se regarder battre - minable
la forêt déserte
avec des gestes précautionneux
pour colmater le désarroi
d’une chambre vide et débordée - un souvenir inquiet

lire pour s’évader - la voix pensive
avec un petit rire insultant
appartenant au silence du prince charmant

vous - homme des bois
désirable et nonchalant
vous partiriez - courant le ressaisissement
échapper au bain des songes

la réalité m’effare
sur les strapontins de la médiocrité
siffler d’admiration pour les compromis des comateux
c’est une grâce laide
accordée à la complicité de l’ignorance

je ne saurais feindre
cette reconnaissance déchirante
- je me demande soudain
si cette idée de moi
a pu vous effleurer un instant…

rien qu’à y penser
je suis striée de chagrin
troublée par les aventures
accomplies aux questions muettes

- existez-vous encorps ?

 

                                                                                               27/28 juin 2016, baise
                                                                                                                                           ©bettyginipeauésie

 

 

mon amour (26)

mon amour

je devrais douter plus facilement
de vous
- que de moi

je vous embrasse


                                         27/28 juin 2016, baise

mon amour (27)

mon amour

certains soirs      - de l’ordinaire
mon lit est suspendu aux lames du plafond
- bois brut à nœuds
un tressage en lignes parallèles

c’est quand j’ai titubé
avant la grande fatigue

et vous…
sous quel toit vous couchez ?   - vous
avec la voie lactée ?
ou des toiles de tente ?
dans un bâtiment éventré ?

votre guerre au fond
ne m’intéresse pas
je ne cherche en rien
à savoir d’où elle vient   - où elle va
vers quel horizon
de planète plate
elle s’étend

mais je veux savoir
- dans quel lit vous couchez
le nez sur quelle terre
dans quels parfums nauséabonds
la joue dans quelle fragrance

pour l’approcher un peu
votre couche
- votre guerre

                                                                          28/29 juin 2016, baise
                                                                        

 

 

mon amour (28)

mon amour

je vous écris encore comme on écrirait à un mort
- peut-être l’êtes-vous…
je vous écris dès lors
comme on écrirait au vide
au monde entier
à personne…

pourtant - je vous écris à vous
j’écris - un point c’est tout

je vous écris - d’ailleurs figurez-vous
oui c’est folie - en temps de guerre
que j’ai laissé notre maison
notre jardin nos animaux
j’ai tout laissé
- je les ai confiés à notre petite amie Fanny
et je suis partie
- oui je sais c’est folie
je suis partie - à l’autre bout de chez nous
j’ai traversé tout le pays
dans l’arrogance fière
de ceux qui partent en vacances
en plein cœur de la guerre

mon amour…
ce ne sont pas de vraies vacances
- sans doute vous en doutez-vous…
j’étais malade
- à en crever - pareil à vous
et dans la fièvre infectieuse de mes nuits
des intuitions dérangeantes m’ont portée au message
de ce long - très long voyage

c’est vrai dans ce périple
j’ai vu - parmi les terres dévastées
de beaux - très beaux paysages
- de la nature dans l’été
puis je suis arrivée - exténuée
sur les horizons aiguisés
des grands monts de la Savoie
- mon enfance vous savez…
où ma grand-mère
candide et surannée
frotte ses récits inaudibles
aux limites instables de la vie…

je l’ai trouvée pâle et maigre
sifflante et mouillée
son tabagisme rouillé dans son acharnement à vivre
- tel un éléphant dépecé
fossilisé au battement du sang
dans toutes les contradictions de son existence

elle débite - avec une conviction véhémente et mélancolique
l’ironie amère du kaléidoscope de sa mémoire
elle prend des airs pompeux
mais c’est une débâcle douloureuse et pénible
qui m’arrache des pleurs d’amour - un flot de caresses
voué à la dictature de l’obstination

moi je lui propose une kyrielle de répliques
foulées aux larmes ravalées dans la chrysalide de la libération
mais elle reste un serpent d’autrefois
dans l’asile de l’obscurité…

quand ce carnage ouvre la fissure de ma décomposition
et que ma nausée bascule vers un dégoût violent
alors… figurez-vous mon amour
je me lève - dans une avidité saine et brutale
au pied de la montagne dentelée
j’implore la constellation du loup
de sabrer le semis d’étoiles
par-delà ce monde embrouillé
pour que l’ascenseur de l’engagement la conduise - me conduise
- vous conduise - et nous
au bal des fleurs
à l’oiseau - au reflet de ma joie craintive
entrouvrant le refus de suivre
le coït grotesque
de l’aigreur et de la malice

après… sur les épaules de la coïncidence
- insupportablement honnête
tout se démêle
dans les longs rouleaux écumeux d’une nuit odorante
- et dans la nuit je chante

                                  9/10 juillet 2016, baise
                                               ©bettyginipeauésie

 

 

 

mon amour (29)

mon amour

comment va la guerre dans l’été succédant à la tiédeur lisse du printemps ?
êtes-vous - ainsi que moi - que tous
un genre de lapin déshabillé dans la torpeur
sa chair meurtrie se momifiant au saignement des nuages sans pluie ?

ici - tout près
les incendies claquent la porte des orages
emmurant les constellations de vie dans l’odeur épicée de la lumière cendrée…
et moi - éméchée le plus souvent
la pensée obstruée
le corps ankylosé
j’observe se propager cette bouffonnerie puant la mort
- un carnage sailli de ses parures absurdes - dorées à l’or fin
- un embrasement de la révolte sous les arbres jaillissant au mépris de la mort…

ici - la guerre du feu
détrousse les cadavres dans la fête de la sécheresse…
la frénésie des fleurs a chaviré dans un rictus de haine pour l’inhumanité des matamores érigée dans le cirque des faux-rebelles
- une exploitation du jargon de la victoire
pour créer la fantasmagorie de l’écartement du néant
dans un monde cadencé d’incompréhensible…

la nuit venue
une silhouette de vie - une odeur de neige
tombe des arbres trop mûrs
un vent de fraîcheur transite alors sur ma chute cotonneuse

est-ce aussi mon amour
la ponctuation qui vous sauve de la chaleur trempée dans le sang ?
- une parcelle calme et tranchante
hypnotique
nous épargnant une souffrance de trop
- une mosaïque de nos jeux charnels telle une soudure sentimentale
frétillant sous la vérité sous-terraine et noueuse de l’être
- un lieu d’échouage heureux et lointain
sur les ruines des rêves
avant l’effacement - invisible et insignifiant
d’une vie

                                                                                    19 juillet 2016, baise
                                                                                                                       ©bettyginipeauésie

 

 

 

mon amour (30)

mon amour

je suis triste ce soir - cette nuit
encore - triste
ce soir
j’ai découvert que la guerre
peut aussi être une fête
vu comment elle peut l’engendrer
quand ailleurs - partout
- on ne sait même plus où
la mort bat son plein
sous l’éclat des bombes

ici - tout près de chez nous
je suis allée
noyer mon ivresse - plaine
de sa désolation libératrice
- un antidote à la souffrance
étanche à l’amour

et ma détresse ouverte au désir - coupable
de vous être infidèle
- absolument à vous
et - donnée telle un amas de chiffons
à qui voudrait me prendre
- n’importe qui… n’importe où

mais je suis sage - vous le savez
une sainte - entière à vous
abominable absent
violant ma liberté

je baise les regards - j’ai baisé ce soir
les mains retenues au miaulement des yeux
un bruit de fond sur ma danse abrupte
ma gorge peaufinée
à l’impossibilité d’aimer

des ailes m’ont poussé entre les omoplates
telle une corde humide - dressée
un ébahissement - résigné
au fatras de richesses et d’immondices

en somme - fidèle éternelle
je vous ai trahi
l’homme de ma vie
sans rien faire

                                         20/21 juillet 2016, baise
                                                 ©bettyginipeauésie

 

 

 

 

mon amour (31)

mon amour

je vous ai retrouvé ce soir
au bal des étrangetés
dans des cris de musiques en accouplement

- ce n’est pas grave de se coucher
avec l’homme qui aimait - debout
la glissade rend plus heureux
elle confronte à nos lieux
un supplément d’acceptation du grand animal - en soi
- la doublure en-dessus

il faut aimer très fort

l’abandon du vivant
dans le déchirement d’une fusillade
m’effraie outre mesure

je me couche sur le côté
ma méprise - ma perplexité
dressée dans la grisaille du matin
je vous ai retrouvé - nous avant
dans la séduction d’un autre

tous nos gestes inutiles
se rejoignent dans la torture atroce
d’infinies forêts blanches
battues par le sang

je persiste - à creuser avec mes dents
le compartiment de l’amour
- l’assoupissement d’une punition
refermée sur les vies humaines

 

                                        22/23 juillet 2016, baise
                                                 ©bettyginipeauésie

 

 

mon amour (32)

mon amour

je vous reconnais à mes chamades fugitives - sans préavis
quand le vent - au bout du jardin
devance une femme
avec l’intermittence d’un jeu sous les doigts

il arrive qu’un léger étonnement
- un petit baiser déposé sur l’attachement…
transforme la rencontre oubliable
en bouches tremblantes

curieusement - je pourrais admettre que cet homme
- qui n’est pas vous
l’est un peu quand même…
une évidence de la rencontre avec qui vous ressemble
- c’est d’une passion ridicule
je - nous - n’avons plus vingt ans
pour susciter les anciennes complicités

un jour - je pourrai figurer la mort
- des moments de grâce dans la réconciliation des inséparables
qui ont voyagé beaucoup

ce pourrait être une conjuration de l’immensité
pour être prise - éprise
d’un point de rattachement
au milieu de l’océan

vous comprenez ?
au fur et à mesure que je vous perds - je vous retrouve…
dans le souffle excentrique où les lignes d’un délicieux amourachement - sans répit
se lient à l’impossible


                                     26/28 juillet 2016, baise
                                                ©bettyginipeauésie

 

 

mon amour (33)

mon amour

j’entre en confrontation avec ma quête dédoublée
- un autre moment de la solitude
cet absolu redoutable
issu d’une étreinte enrayée au sommet de la démesure

l’amour - nous le savions tous les deux
cet arrivage résolu au dernier mot
l’espoir inscrit dans l’extrême vivacité de l’existence
- celui que nous avons intensément lié entre nos différences
abrège immanquablement la constellation des libertés
- ces perles d’ivresse sauvage – La liberté… celle des sagesses ancestrales abouties

nous les pressons l’un contre l’autre
- la liberté… l’amour
qu’ils s’imprègnent d’un romantisme follement exotique

c’est une manière totale - irremplaçable
d’aborder les plages de vie
de peindre l’emplacement de la passion
avec la détermination farouche de démolir les liens - ceux-là qui enferment
et la volonté inébranlable d’ouvrir à – ceux-ci qui relient

à terme - un jour
ils se dilapident en promesse mal tenue
- l'amour… la liberté
ils revêtent l’engourdissement du contentement d’être
s’habillent d’un cœur incertain
et risquent - les joues creusées - les mots durcis
de se dissoudre dans l’acrimonie des rêves déçus
inscrite au pli de la bouche

je veux dire mon amour
ce que nous nous sommes transmis déjà - une certaine heure mémorable
avec la sincérité d’une peine attentive à celle de l’autre

- nous connaissons l’éclat étrange de la beauté douloureuse
qui précède la grande déflagration annonçant la fin du monde - une béance dans le ciel - la fin de nous - la faim de liberté
- nous savions ce risque
vous en souvenez-vous ?


                                      10 août 2016, baise
                                                   ©bettyginipeauésie

 

 

mon amour (etc...)

 

chers amis et lecteurs 

j'ai achevé comme prévu

l'écriture de ma "correspondance d'amoureuse en temps de guerre"

à sa trente-neuvième lettre  - et son épilogue...

 

j'en cesse donc ici la diffusion

afin de n'en pas dévoiler le dénouement...

 

je cherche pour ce texte un éditeur

et j'ai l'espoir de pouvoir vous permettre d'achever la lecture de ces lettres

en acquérant un jour prochain un des exemplaires du livre qui vous les dévoilera...

 

j'ajoute ici que ces lettres sont destinées à être lues et accompagnées musicalement

par Pablo Darno... compositeur  - entre autres choses...

plusieurs essais sont d'ores et déjà à l'oeuvre

et c'est chouette !

 

à très bientôt

ici ou ailleurs...

 

bien à vous

b

 

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Gérard | Réponse 02.02.2017 08.24

"C'est chouette" comme tu dis! J'aime bien cette idée d'écouter les textes en musique. Amour des mots et des notes. Bravo!

MORY verbivor r | Réponse 16.08.2016 03.54

C'est magnifique !! Waw ! Bravo

betty 19.08.2016 00.40

merci mory verbivor
de t'être déplacé vers ces pages...
à tout bientôt !
b

Gérard | Réponse 17.07.2016 12.05

J'aime les mots de cette 28 ème lettre. Merci!

betty 19.08.2016 00.40

merci à toi Gérard !
désolée... je ne vois ton petit mot que maintenant...
à bientôt !
b

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Commentaires

09.03 | 22:54

cool Gérard... merci pour ton passage

...
09.03 | 07:58

J'ai passé un bon moment des mots scions

...
05.03 | 21:15

oh merci ! Dome...

...
05.03 | 19:43

Bravo Betty pour tes créations ! :)

...
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