j'écris

j'écris à l’Ami parti dans la nuit sans brouillard

j'écris
à l’Ami parti dans la nuit sans brouillard - un fugitif hésitant ralenti par l’apesanteur de son chargement
– une injection dans le cœur…

au chevauchement répété de la musique et des mots
- une pause à la croisée de nos vies parallèles
les pierres des murs d’ici
tissent des vibrations – intimes
courbes irrégulières – persistantes…

prendre le large
quand la brûlure de l’air ambiant
écorche l’écorce du sensible

en quelles eaux – troubles alors
seront nos songes
au prochain sommeil ?


                                      

 

j'écris… à la pluie de silences en suspension

j'écris…
à la pluie de silences en suspension
à l’éloquence de ce qui s’accorde - sans se dire
à la musicalité de l’heure qui se précise

j’écris la respiration
des larmes qui se taisent
quand la peau se rappelle à sa propre existence

j’écris la voie du doute
empreintée d’espoir
que l’on emprunte à bout de bras - après délibération avec soi – sans certitudes

j’écris - tu sais
tous ces mots tus

                                        

 

j'écris ta présence discrète

j'écris
ta présence discrète
ton insistance à être - en sourdine
ici-m’aime

ma précipitation - soudaine
à nous attendre
le regard qui se porte
à l’horizon de nos questions

j’écris la joie craintive
de nos mots en notes
impulsée dans l’écoute - fébrile
des routes créatives où nous glissons
- en pente douce

 

en écrivant ce que j'écris

en écrivant ce que j'écris
- toi - tu écris
le foisonnement de tes doigts
jouant des cordes
à mon retrait tendu
- l’écoute encore - un risque où se perdre…

tu écris - à reculons
- tout droit - hésitant
sans hésitation
précipitant la non-précipitation - d’une histoire à inventer depuis toujours

écrivant - toi - là - tu écris
- fugitif - dans un brouillard éclairci

 

j'écris maintenant ma non-écriture

j'écris maintenant
ma non-écriture
l’empreinte de mon cul
inscrite entre les lignes
et l’impudeur des silences
bavards - je l’écris
cette façon de s’égosiller à se taire - la trouille en répétition absurde
des concerts que nous ne jouerons pas
je les écris tous
aux abords de la scène
ces contes à dormir debout
qui font danser les vierges
- éclairant tout sur leur passage

j’écris de l’impensable
accroché aux rideaux - théâtre de nos rêves
où parsemer nos noirceurs communes

j’écris la lune
observée en même temps
sans être ensemble

 

                                                30/31 janvier 2017, quête
                                                                            © bettyginipeauésie

 

 

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Prothais Gérard | Réponse 02.02.2017 08.10

J'aime ce chahut de mots sensibles qui "s'égosillent à se taire"... Bises.

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Commentaires

09.03 | 22:54

cool Gérard... merci pour ton passage

...
09.03 | 07:58

J'ai passé un bon moment des mots scions

...
05.03 | 21:15

oh merci ! Dome...

...
05.03 | 19:43

Bravo Betty pour tes créations ! :)

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