j.p.Rey & betty gini

Jean-pierre Rey est photographe bordelais
depuis quelques décennies …

il travaille en argentique
en noir et blanc …

décortique les corps nus
des femmes surtout …

il prend le corps
pour ce qu’il est …
un corps

il joue à en explorer
les facettes visuelles
jusque dans les niches
les plus intimes …

lieux et accessoires insolites
attirent son appareil …

il jouit sans doute aussi
dans cette approche
à nulle autre pareille …

presqu’en enfant
tout simplement …

 

betty gini peauésie
13 mars 2014, torze

 

Retrouvez toutes les photo de jean-pierre Rey et betty gini

ici http://bettyginipoetry.over-blog.com/

 

 

 

un pépin de mandarine
non... de raisin
pleurait au coin de la main

 

 

 

trois verres de porto
avec un avocat
à l’échalote
- blanc ! le porto…

 au moins deux hanaps de thé

une compote
un grand café
un petit pot de crème au chocolat

- le reste…
ça ne se dit pas

 

***

 

 

 

 

demain
je ferai la vaisselle
cueillie ce soir dans les poubelles

 

***

 

 

est-ce que c’est
quand tu me laisses
que tu peux t’en aller ?

 

avant sur une île
on pouvait au moins faire
du gloubiboulga

avec des fraises exotiques
la sciure du chat
faisait de la musique…

le sésame ouvrait les toits
des torrents épicés
sous les cavernes d’Ali baba…

le rhum ambré
s’émouvait dans les flots
dressés des sabres chauds

tandis que les sels
des marins de jadis
saupoudraient le ventre des femmes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


trois petits poids
par la racine

 

 

***

 

 


après avoir fait chanter
la soupe
il fallait éteindre les étoiles
doucement

 

***


tu pourrais quelquefois
manger dans les coulisses
des tartines 

de cornichons au chocolat

avec tes mandarines…

 

                                       

 

le pain

c’est bien !


tu mets du beurre dessus
et ça fait
du pain au beurre ...

 

Plattentions...

 

as-tu observé les plantations ?
de l'année dernière
de l'année d'avant

 

les bulbes en terre mis
aux mois d'autres saisons

et qui là
m'émeuvent à se montrer
différents...

                                         30janvier2015, zinze

 

les effluves langagières

© jean-pierre rey

les effluves langagières
que les loups quêtent
aux meurtrières des forêts sombres
telles pépites épidermiques
à détrousser dans les champs de ronces

qu’en font-ils ensuite ?

on les retrouve dans les décombres
de la peauésie mal retournée
corsetée entre les grands prix
et les faux cris

- lambeaux de chair précieux
soumis aux clés sans serrure
dans les coffres défoncés
de l’offense

 


                   12 décembre 2014, torze
                                           

J'en vois

J'en vois se résoudre
à l'abstinence de la floraison des choses
à la désespérance des matins sans soleil
oubliés jusqu'en l'existence
des soirs de l'une
où l'autre
vit en corps
quelquefois

j'en vois qui ne voient plus
l'invisible pour les yeux
l'essentiel à son zénith
en ouvrant leur boutique
de marchand d'îl(e)lusions
pour aveugles du cœur

j'en vois qui ont perdu
d'un seul coup leurs bons points
cachés dans les vieux livres
jetés au feu
ivres
et qu'on n'a pas pendus
pour l'embonpoint
de leur bêtise

j'en vois qui n'ont plus d'aile
à nourrir
de leur je crim'in'elle
et qui pleurent parfois
leur soumise à mourir
insoumise
pour finir

j'en vois aussi
qui se courbent l'échine
pour se lécher la pine
en rêvant aux bagnoles
parce que les femmes
elles sont vraiment trop folles
ces connes
pour se foutre à la colle

j'en vois encore tellement
plier en deux leur corps affamé
tomber assoiffés
vers la mort implorée
à la délivrance
de la souffrance
encorps telle ment
qu'à peine j'ose
l'évoquer à vos yeux
ouverts purs et moroses…

je n'en vois pas beaucoup
qui rigolent à la vie
qui s'affolent à l'amour
qui se donnent à l'âme yours
peauétique

mais j'en vois qui en meurent
à petit feu
c'est pathétique

 

 

1er / 2  février  2013, braise

Trash

 

Champs de moutarde
où les petites sans culotte
viennent ourler
leurs jupes volantées
en poussant délibérément
de petits cris de pucelles
innocentes et belles.

En bordures
le chant des peupliers
à peine dissimule
les râles des vieux loups
suffoquant aux à coups
des branlades de poireaux
- leur vide ordures.

Et ça leur pique le nénuphar aussi.
Ca leur monte à la tête
tous ces jeux de poupettes
aveugles.
Les boufferaient bien
en salade de persil
'vec une bonne vinaigrette
fouettée jusqu'aux cuisses.
Ca croquerait sous la dent.
Ca fleurerait bon la pisse
et les culs de printemps.

 

Z'en oublieraient le temps
des tourments,
du factice,
des mamans à varices
et des mouflets puants.

Z'en oublieraient d'entendre
les hurlements stridents
des petites putes tendres
qui diraient non
sans rien comprendre.

Et ce serait bon.

 


                   lundi 8 mai 2011

 

Errances de nuit

J'ai perdu à la liberté d'enfanter le vide

dans les abimes

je me suis perdue tout court
je me regarde faire
défaire
ne rien faire
ni pour ni contre
sans plus d'avis
sang plus d'envie
immobile
- combien de temps ?

debout
à regarder vaguement
par-delà la fenêtre

à écouter
sans discernement
la rumeur monter de la rue

la tête
ensevelie trop lourde

les mots
à l'invasion des maux
aussi nombreux que tus

au repli boueux
bouliée au fond du lit
combien d'heures ?

c'est parfois le déluge
étonnamment
on dirait que le fleuve
va déborder
dehors comme dedans

entre deux
la voie libre à la nuit
les bagnoles s'affolent
en défilé rythmé
par la peur de l'ennui

avant qu'il n'y ait plus personne
j'ai vu un type
imbibé jusqu'à l'os
écouter de la musique
pour lui tout seul
en marchant vite

et sous un parapluie
serré
les gloussements d'une pimbêche
se trémousser en passant

alors j'en rage
de toutes ces petites
putes tendres
sans un sou de classe
l'élégance en décadence
au déshommeur de la femme

et qu'on ne me dise pas
la question des moyens !
je viens des pauvres
depuis longtemps

alors pourquoi
lutter autant
contre le sommeil ?
mon soleil

 

25/26 janvier  2013, braise

 

Lait fenouil

îles ont des feues nouilles

torches gluantes
à la place du ventre

pétrifié

les couilles puantes
d'avoir été trop fortifiées

au vagin al dente
en mortadelle
maternelle

sacrifiés
scarifiés

là si cas
cicatrice
saignée au jus de pisse

aiguisée

la violence
au caca du silence

la trop peur
en abondance

 

 

30 décembre  20[dou(X)ze]

Le banc décapotable

Ca commence par quoi ? …

je regarde ma vie
depuis le banc décapotable
des vauriens

toi tu sais bien
la chuuuut
E

de ma cadre décadrée
au bout du lit bouliée
aux incasables
dérangeactrices
la mal lice aux orifices
démantibulée
affable mais bullée
à ses artifesses peauétiques
ses créations merdiques
ses larmes autistes
égonombricentriste
ses armes féministes
à deux balles …

ça paie pas sa banane
de pas être artiste
ni sociale travailliste
à genda de ministre

et de cueillir
au fond des expos bars
les barres de sourires
au front des yeux …

ça non madame !
ça dit des oui
ça fait des non
et toi tu rames
avec tes bouts d'âme
éparpillés aux vents des amours
embouties
dès les boutures …

ça fait des loques
sans froc
au fond des chaussures
à hauts talons
en restes d'illusions …

ça fait des ratures
à répétition
et des blessures
en mortelles irruptions
d'ailes …

bon …

ça commence par quoi
je regarde ma vie
depuis le banc confortable
des vauriens ?

c'est pas grave …
on ne dira rien

prends donc un brin ! …

 

 

18/19 janvier  2013, braise

modifié le 25 octobre de maime feu

La bouche

Tu ne diras pas

ma fille
ce que tu as cru voir
un jour de désespoir

la brûlure
irréversible
sur la main d'un enfant
pas assez pur

la folirrépressible
la rupture
que tu as cru père
percevoir l'impossible
mata-ma ta-ma-mère

c'est ta mémoire
mon tourment
qui te joue lou

la quille
zou
des tours 


Tu ne le diras pas
ma fille

 

28 octobre  20[dou(X)ze]

Excision

Tu ne jouiras pas

ma fille

j'ai baigné ta peau
aux ailes du désir
cérébral
inassouvi

Tu te sacrifies
je te laisse

La cour ancienne assemblée là
en rituels
gargarisée
aux larmes des mères
armes amères

se bouche
la bouche
pour ne pas crier

regarder
et laisser faire
l'arrière-grand-mère
aux yeux de bille

Tu ne jouiras pas
ma fille

 

25 septembre  20[dou(X)ze]

Dire quelque rien

L'un essaie de dire quelque chose

de rien
l'autre essaie de ne rien dire
de quelque chose

et inversement parfois

jusqu'à dire à moitié
ou taire
tout essai de dire
n'y plus même songer

le pas sage à l'abstraction
en camouflage
des passions
dérangeantes bien rangées

terrer les maux
sous des sûrs
surréalistes mots
tus
et focus
sur les bouches cousues

de l'intime

déguisé sous la peau
exposée la première
en avant guerrière érotisée
de la poésie

tout le tant

alors que reste-t-il
d'aile à son île
d'île à son aile
et de leurs ribambelles
de cas d'havres esquissés
sur les comptoirs
en feux exquis ?

l'en dire en quête de quoi

des quoi dire en tête
des silences
peut-être …

et puis
la perte du sens
de tout

reliée à l'évidence
de la vie
comme seul sens
de toute chose

sans doute …

 

12 janvier  2013, braise

Alors …

y'a un moment

t'as vu le pire
tu crois ...
tu sais toujours
qu'il y a pire ...
mais tu l'as vu quand même ...

le viol l'inceste
le meurtre en petits bouts
jetés aux vents du fleuve

l'humiliée répétée
l'abject et la torture
l’enfant sous la brûlure

la peur
à te pisser dessus ...

l'humanité torpillée
la pulsion animale
la violence la pute
la chienne à sa turlute

l'esclavage ennicrevé
le sang la plaie
en plaine des sables mouvants

l'arme portée
entre les cuisses
la vomissure
entre les lèvres ...

tu crois toujours que t’as tout vu
du pire ...

t'en crèves
le sang dans la bile
du sans

la liberté en crevaison
et lutte
la pendaison ...

tu t'écoeures où les autres
s'enfuient dans ton miroir ...

alors ...

alors
replie-drogue toi
retranche les sangs bleuX
de la haine qui te pousse
aux la(r)mes du sein ...

drogue-toi
replie-toi
ferme ta gueule écris
écris crée z’et crie
crée z’écris encorps
les cris

et bois

l'écorce des arbres …

 

13 octobre 2013, braise

© Betty Gini Peauésie

 

Quelque chose insiste

Quelque chose existe
de l'étrangeté
à regarder
les différences
accordées à la place
la place du sexe
dans une existence
et l'autre …

à observer
les différentes
façons de vivre le
leu queue leu leu
l'en passion
l'autre miroir
déformé déformant
dans les plis des draps innocents

quelque chose insiste
de l'étrange été
des culs pendus
perdus
glacés

 

27 / 28 décembre  20[dou(X)ze]

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valou | Réponse 21.02.2015 05.22

je t'embrasse du bout de mon pinceau

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Commentaires

09.03 | 22:54

cool Gérard... merci pour ton passage

...
09.03 | 07:58

J'ai passé un bon moment des mots scions

...
05.03 | 21:15

oh merci ! Dome...

...
05.03 | 19:43

Bravo Betty pour tes créations ! :)

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