Les critures

les critures zéro

il s’agirait de dire
l’indicible du petit jour
les sonorités
suspendues aux chants
des oiseaux de nuit
les roues plus libres
circulant
dans les eaux en flaques brunes
étendues aux pas sans presser
les êtres titubant
de n’avoir pas assez dansé
d’avoir trop bu
trop peu parlé
vraiment
mal écouté …

il s’agirait peut-être
de ramasser tous ces restes
d’en trier les ossements recyclables
pour l’alchimiste en son grenier
et de soutirer
l’or à la peau
en un seul geste
sûr et assuré
de l’un possible …

il s’agirait sans doute
de rester à l’écoute
des parcelles d’humanité
éparpillées hors des routes organisées
de percer les abcès
sous la croûte du fleuve
de la déroute …

- une épreuve
de purification
violente
pour l’accouchement
du poète

il s’agirait peut-être
de cueillir tous ces restes
entre les pics rocailleux des jours
et d’en abreuver
les mots
à l’alchimie
de l’or en peau
pour l’être …

                                                                                    12/13 novembre 2013, braise

les critures une

il s’agirait peut-être aussi
de calmer les enjeux de la vie
les émotions perdues
au gaspillage des circularités ordinaires
sans spirale échappatoire
dans la tête forclose …

il s’agirait de s’en mettre à l’écart
à l’abri
pour déceler un peu d’autres choses
à l’aventure désordonnée
des rencontres incertaines
dans les chants de batailles
de nos petites existences mesquines

d’écarteler en douceur
la violence innocente de nos déceptions
répétées au fil des contacts électriques
tissés à la frustration
de notre animalité …

de parvenir
à regarder le désir s’échapper

en filets minces de fumée
devant soi
avec étonnement
sans se plaindre
sans feindre … 

                                                     17 (ste élisabeth … « sept » … )novembre 2013, braise

 

les critures deuze

 

entre le pouce et l’index
je tiens le secret
de l’invisibilité de soi

il se perd en route

                                                 17 novembre 2013, braise

les critures troize

 

profiler la verdoyance de l’herbe
dans une ville en hiver
afin d’échapper à l’infusion du froid
entre la peau et le vêtement
toujours insuffisant …

insuffler de l’expatriation à la pensée
le déracinement de la branche
ancrée en la terre meuble
survivante à son possible
afin de recueillir les reliquats
vaporeux
des voyages …

et qu’ils croissent
s’ouvrent et s’épanouissent
par étapes infimes
insoupçonnables et certaines
- une respiration intime de la beauté …

dire les couleurs de l’automne glaciaire
sans les nommer surtout
la pâleur des visages
les corps diaphanes
survolant les pavés

                                                                 22 novembre 2013, braise

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bertfromsang | Réponse 13.12.2014 00.21

de rien, chère Betty, l'émotion m'étreint moi-même à la découverte de tes propres trésors...

bertfromsang | Réponse 26.07.2014 02.05

"Ecriture Deuze" renvoit à ceci https://www.youtube.com/watch?v=BaaJWaP2AHA Sonic Youth w/ Joyce & Gainsbourg...
"Peauésie" bel & narcotique, sinon...

betty 05.12.2014 00.53

merci pour ce lien bertfromsang....
que je découvre... émue

Gilleron | Réponse 17.02.2014 04.27

très beau et étrange à souhait... tout en gardant une charge terriblement érotique: bravo

betty 05.12.2014 00.50

merci pour ce commentaire... Gilleron...
que je n'avais pas vu avant ce jour...

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Commentaires

09.03 | 22:54

cool Gérard... merci pour ton passage

...
09.03 | 07:58

J'ai passé un bon moment des mots scions

...
05.03 | 21:15

oh merci ! Dome...

...
05.03 | 19:43

Bravo Betty pour tes créations ! :)

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